Créer une marketplace : le guide complet 2026
Créer une marketplace consiste à bâtir une plateforme où des vendeurs tiers proposent leurs produits ou services à des acheteurs, contre une commission ou un abonnement. Le projet tient en trois décisions : le modèle de revenus, la solution technique et le paiement. Encaisser pour le compte des vendeurs est un service réglementé, réservé aux prestataires agréés. Les obligations diffèrent selon que les acheteurs sont des consommateurs ou des entreprises.
Votre projet de marketplace est-il cadré ?
Répondez à 4 questions rapides
En 2025, 4,62 % des entreprises françaises de dix salariés ou plus vendaient via une place de marché, et ces ventes pesaient 10,24 % de leur chiffre d'affaires web. La plupart des guides s'adressent à celui qui part de zéro pour vendre au grand public. Une PME, un distributeur ou un réseau part rarement de zéro : il a déjà des fournisseurs, des clients professionnels et un catalogue.
Ce guide explique comment créer une marketplace en 2026, dans l’ordre des décisions : le modèle, la solution technique, le paiement. Il donne les obligations d’un opérateur, lues dans les textes, et distingue ce qui s’applique quand les acheteurs sont des consommateurs et quand ce sont des entreprises.
🧩 Qu’est-ce qu’une marketplace ?
Une marketplace, ou place de marché, est une plateforme en ligne qui met en relation des vendeurs tiers et des acheteurs, et qui sécurise la transaction entre eux. L’ACPR la décrit comme un « intermédiaire de confiance » qui reçoit le paiement de l’acheteur et le reverse au vendeur d’un bien qu’elle ne vend pas. L’opérateur ne possède ni le stock ni le service : il fournit l’infrastructure, l’audience et le cadre, et se rémunère sur chaque échange ou par abonnement.
Le Code de la consommation définit la « place de marché en ligne » comme un service « qui permet aux consommateurs de conclure des contrats à distance avec d’autres professionnels ou consommateurs ». Une plateforme réservée à des acheteurs professionnels n’en relève pas, et ses obligations sont différentes.
Marketplace, site e-commerce, portail de mise en relation : trois objets différents
Trois modèles se ressemblent à l’écran et diffèrent dans les flux d’argent.
Une mise en relation sans encaissement reste une application web sur mesure classique, hors du cadre du paiement.
Comment une marketplace gagne de l’argent
Quatre modèles de revenus se rencontrent, souvent combinés. Dans tous les cas, la rémunération de la plateforme est une prestation de services soumise à la TVA à 20 %, autoliquidée par un vendeur établi dans un autre État membre.
Produits, services, B2C, B2B : ce qui change quand les deux faces sont des entreprises
Entre entreprises, la marketplace ne vend pas au prix affiché à tout le monde. Les prix sont négociés par compte, les commandes passent par des devis et par un circuit de validation chez l’acheteur, et le règlement intervient après livraison. Le Code de commerce fixe ce délai à 30 jours par défaut et le plafonne à 60 jours après la facture, ou 45 jours fin de mois. Chaque commande donne lieu à une facture obligatoire.
Ces règles deviennent des fonctionnalités : comptes multi-utilisateurs, grilles tarifaires par client, devis, paiement à terme, connexion à la gestion commerciale. Créer une marketplace B2B ressemble donc davantage à un logiciel métier sur mesure qu’à une boutique en ligne.
🧭 Qui est concerné, et quand est-ce la bonne réponse ?
Créer une marketplace concerne deux profils : le porteur de projet qui part de zéro et doit convaincre deux publics à la fois, et l’entreprise installée qui a déjà l’un des deux. Les chiffres officiels invitent à la prudence. En France, 1,07 % des entreprises de dix salariés ou plus vendent uniquement via une marketplace, et la part de celles qui y vendent est passée de 5,63 % en 2017 à 4,62 % en 2025.
Partir de zéro : l’œuf et la poule
Sans vendeurs, aucun acheteur ne vient ; sans acheteurs, aucun vendeur ne s’inscrit. Le porteur de projet choisit la face qu’il recrute en premier et lui apporte de la valeur avant même que la plateforme existe. C’est le cas le plus documenté, et le plus risqué : tout est à acquérir.
Une entreprise déjà installée : distributeur, réseau, groupement
Un distributeur a des fournisseurs et des clients professionnels. Un réseau de franchisés ou un groupement d’achat a des membres qui commandent déjà. Dans chacun de ces cas, une face existe : la marketplace ouvre l’autre, ou remplace un circuit de commande par téléphone, e-mail et tableur. Le démarrage est plus facile, le cahier des charges plus lourd : prix négociés, conditions de paiement et données du catalogue sont à reprendre.
Quand ne pas créer de marketplace
Une marketplace n’est la bonne réponse que si des tiers vendent, et si la plateforme sécurise l’échange entre eux. Dans les autres cas, une application web sur mesure répond au besoin avec moins de contraintes.
Des tiers vendent en leur nom, et vous ne voulez ni acheter ni stocker leurs produits.
Les deux faces ont besoin d'un cadre commun : catalogue, commande, paiement sécurisé, litiges.
Vous avez déjà l'une des deux faces, fournisseurs ou clients professionnels, et un circuit de commande à remplacer.
Vous acceptez le rôle d'opérateur, avec ses obligations de paiement, d'information et de déclaration.
Vous achetez pour revendre : c'est de l'e-commerce B2B multi-fournisseurs, vous encaissez pour vous-même, hors du cadre réglementé.
Vous voulez un espace de commande et de suivi pour vos partenaires : un portail ou un extranet suffit.
Vous mettez en relation sans encaisser : une application de mise en relation, sans prestataire de paiement.
⚖️ Les obligations d’un opérateur de marketplace en 2026
Un opérateur de marketplace porte trois familles d’obligations : sur le paiement, sur l’information des utilisateurs et la traçabilité des vendeurs, et sur la fiscalité. La première s’applique dès que la plateforme encaisse. Les deux autres dépendent de qui achète : le Code de la consommation, la traçabilité du DSA et le règlement P2B visent les plateformes ouvertes aux consommateurs ; entre entreprises, le Code de commerce et la facturation électronique prennent le relais.
Encaisser pour le compte des vendeurs est un service de paiement réglementé
Recevoir l’argent des acheteurs puis le reverser aux vendeurs relève des services de paiement définis à l’article L. 314-1 du Code monétaire et financier. L’article L. 521-2 les réserve, à titre de profession habituelle, aux prestataires agréés : établissements de paiement, de monnaie électronique ou de crédit. L’exercice illégal est puni de trois ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende.
Trois voies permettent de rester dans le cadre.
Une exemption existe pour un réseau limité d’accepteurs ou un éventail limité de biens ou services. L’ACPR l’a accordée à des places de marché thématiques (parapharmacie, vin, produits agricoles, billetterie), mais l’exclut pour toute offre « universelle » ou pour un réseau « qui a vocation à s’étendre ». Au-delà d’un million d’euros de flux sur douze mois, l’entreprise exemptée se déclare à l’ACPR. Les tarifs des prestataires figurent dans la section des coûts.
Information des utilisateurs, traçabilité des vendeurs : ce qui s’applique en B2C et en B2B
Les obligations d’information d’une place de marché sont dues au consommateur, et plusieurs textes cités partout ne visent que lui. Le tableau reprend chaque obligation avec son texte en vigueur.
Deux précisions. La loi française n’oblige pas la plateforme à vérifier qu’un vendeur est un particulier : elle affiche le statut « déclaré », et la fausse déclaration est une pratique trompeuse du vendeur. Et la définition de l’« opérateur de plateforme en ligne », encore citée par de nombreux guides, a été abrogée en 2024.
TVA, DAC7 et facturation électronique
Trois dispositifs fiscaux visent les plateformes.
La solidarité pour la TVA d’un vendeur. Depuis le 1er janvier 2020, l’article 283 bis du Code général des impôts permet de rendre la plateforme solidaire de la TVA due par un vendeur défaillant, après signalement par l’administration, un mois pour agir, mise en demeure et un nouveau mois. Il vise tout vendeur assujetti, quel que soit son pays, pour des ventes à des particuliers imposables en France. Depuis le 1er juillet 2021, la plateforme est aussi réputée vendeur elle-même pour les biens importés de moins de 150 € et pour les ventes à des particuliers par un vendeur établi hors de l’Union. Une marketplace entre entreprises de l’Union n’est concernée par aucun des deux.
La déclaration DAC7. Chaque opérateur déclare à l’administration fiscale, au plus tard le 31 janvier, les vendeurs actifs l’année précédente et leurs revenus, particuliers comme entreprises, et remet à chacun une copie. Une seule exclusion : moins de trente ventes de biens pour moins de 2 000 € ; un prestataire de services est déclaré dès sa première opération. Amende plafonnée à 50 000 €. La plateforme informe aussi chaque vendeur, à chaque transaction, de ses obligations fiscales et sociales.
La facturation électronique entre entreprises. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise établie en France doit pouvoir recevoir des factures électroniques ; les grandes entreprises et les ETI en émettent depuis la même date, les PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027. Les factures transitent par une plateforme agréée ; hors de ce circuit, 50 € d’amende par facture, dans la limite de 15 000 € par an. Sur une marketplace B2B, chaque vendeur reste l’émetteur de ses factures ; la plateforme peut les émettre à sa place sous mandat de facturation, conclu avant la première facture, le vendeur restant responsable de la TVA.
Un point de calendrier : au 1er janvier 2027, les règles de TVA quittent le Code général des impôts pour le code des impositions sur les biens et services. Les règles restent, les numéros d’articles changent.
🧰 Ce qu’il faut réunir avant de commencer
Créer une marketplace demande de rassembler, avant le logiciel, ce que la plateforme devra appliquer : la face déjà acquise, le catalogue, les règles commerciales et le circuit de commande. Le prestataire ou l’éditeur fournit le périmètre du premier lancement, le paiement et les conditions de sortie.
Ce que vous préparez en interne
- La face que vous avez déjà, et ses contrats. Fichier des fournisseurs ou des clients, conditions négociées, volumes. Ils viendront si la plateforme leur simplifie une tâche qu’ils font déjà, pas parce qu’ils vous connaissent.
- Le catalogue et ses données. Références, descriptions, prix, disponibilités, sous une forme exploitable par un logiciel. Un catalogue en PDF et en tableurs hétérogènes est le premier poste de travail caché.
- Les règles commerciales. Qui fixe les prix, quelles remises, quelles conditions de paiement, qui livre, qui traite un litige. Ces règles, pas l’écran, font la marketplace.
- Le circuit de commande actuel. Comment une commande arrive, qui la valide, comment elle est facturée : la plateforme doit faire au moins aussi bien dès le premier jour.
- La personne qui animera la plateforme. Recruter les vendeurs, répondre aux acheteurs, administrer : ce travail existe même en abonnement.
- Les contraintes fiscales identifiées. Statut de vos vendeurs, ventes à des particuliers ou non, date d’entrée dans la facturation électronique.
Ces éléments alimentent le cahier des charges du logiciel.
Ce que le prestataire ou l’éditeur doit vous fournir
- Le périmètre du premier lancement, écrit, avec ce qui n’en fait pas partie.
- Le prestataire de paiement retenu et la répartition des rôles : qui collecte les justificatifs des vendeurs, qui contrôle les fonds, qui signe avec le prestataire.
- Les connexions à l’existant : gestion commerciale, logiciel de facturation, plateforme agréée de facturation électronique.
- La propriété du code ou les conditions de sortie : en abonnement, comment récupérer données et vendeurs ; en sur mesure, à qui appartient le code.
- Le plan de montée en charge : ce qui se passe au-delà du premier palier de vendeurs ou de transactions.
🛠️ Créer une marketplace étape par étape
Créer une marketplace suit six étapes : valider la demande, fixer le modèle et les règles, choisir la solution, cadrer le premier lancement, brancher le paiement et la conformité, recruter la première face. Aucune source indépendante ne mesure la durée de chacune ; les seuls délais publiés sont des promesses d’éditeurs. Ce qui prend du temps est rarement le logiciel.
Chronologie réaliste
Étape 1 : valider la demande avant de construire
La première étape ne demande aucun logiciel. Mettre en relation quelques vendeurs et quelques acheteurs par e-mail ou dans un tableur permet de vérifier que les deux faces ont un besoin, et lequel : ce que les acheteurs cherchent en premier, ce que les vendeurs acceptent comme commission, où le circuit coince. Une entreprise installée a un raccourci : ses commandes disent déjà ce qui s’achète, à quel rythme et à quelles conditions.
Étape 2 : fixer le modèle et les règles
Le modèle de revenus se décide avant la solution technique, parce qu’il la conditionne. Une commission suppose que la plateforme encaisse, donc un prestataire de paiement agréé ; un abonnement ou une facturation au contact peuvent s’en passer. Les règles s’écrivent ensuite : qui fixe les prix, qui livre, qui gère les litiges, ce qui se passe quand un vendeur ne répond plus. En B2B s’y ajoutent les conditions de paiement et le circuit de validation chez l’acheteur.
Étape 3 : choisir la solution, en abonnement, open source, no-code ou sur mesure
Quatre familles de solutions existent pour développer une marketplace. Les prix sont ceux des pages officielles au 16 septembre 2026 ; les éditeurs qui n’en publient pas sont signalés.
Le no-code se situe entre les deux : des outils comme Bubble ou Airtable construisent une mise en relation simple, au prix d’une évolutivité limitée. L’arbitrage entre no-code et développement sur mesure s’applique ici, comme celui entre SaaS sur mesure et solution existante.
Étape 4 : cadrer le premier lancement et ses fonctionnalités
Le premier lancement contient ce sans quoi une transaction ne peut pas se faire, et rien d’autre : comptes vendeurs et acheteurs, catalogue géré par les vendeurs, recherche, panier, paiement, suivi des commandes, messagerie, tableau de bord avec le calcul des commissions. Avis, panier multi-vendeurs et gestion des litiges viennent ensuite.
En B2B, quatre fonctions changent la nature du projet : comptes à plusieurs utilisateurs avec validation des commandes, prix par client, devis, paiement à terme relié à la gestion commerciale. Elles ne se paramètrent pas dans un logiciel grand public : c’est là que l’abonnement cesse d’être un raccourci.
Seul, ce cadrage se fait avec le cahier des charges et les règles réunies plus haut. Chez OTTOPILOTE, le brief initial tient en quelques phrases sur la page démarrer, le devis arrive sous 24 h ouvrées, et le cadrage occupe la première semaine du projet, incluse, devis signé avant la première ligne de code.
Étape 5 : brancher le paiement et la conformité
Le contrat avec le prestataire de paiement est la pièce critique du projet : il fixe qui contrôle les fonds, donc si la plateforme doit devenir agent, et qui collecte les justificatifs des vendeurs. Viennent ensuite les documents : conditions d’utilisation pour chaque face, conditions de vente de la plateforme, confidentialité, mentions légales. En B2C s’ajoutent l’information due au consommateur, la traçabilité des vendeurs et le préavis de quinze jours ; en B2B, la plateforme agréée de facturation électronique et, s’il y a lieu, le mandat de facturation.
Étape 6 : recruter la première face et lancer
Une marketplace se lance avec quelques vendeurs choisis, pas avec un catalogue exhaustif. Une entreprise installée commence par les partenaires qui commandent déjà chez elle, et leur donne une raison de passer par la plateforme : un catalogue à jour, un suivi de commande, une facture sans la demander. Le lancement est progressif, avec des acheteurs invités et de vraies commandes ; ce qui se mesure ensuite, c’est la part des commandes passées sur la plateforme plutôt que par l’ancien circuit.
💶 Combien coûte la création d’une marketplace ?
Créer une marketplace n’a pas de prix unique, et aucune source indépendante ne chiffre un projet complet : les fourchettes qui circulent viennent d’éditeurs de logiciels de marketplace, sans méthode publiée, et se contredisent d’une page à l’autre. Ce qui se chiffre, ce sont les postes, avec les prix publics des outils et celui qui n’est jamais compris : le temps de recruter et d’animer.
Le budget par poste
Le coût dans la durée : abonnement et commission d’éditeur, ou code possédé
Le prix d’un abonnement grandit avec l’activité : les plans sont plafonnés en transactions, en vendeurs ou en annonces, et la capacité supplémentaire se paie, 0,19 $ par transaction au-delà du quota chez Sharetribe, 49 € par tranche de mille unités chez Kreezalid. Les conditions de sortie, données et vendeurs compris, se lisent avant de signer : le vendor lock-in se décide au premier jour.
Une marketplace sur mesure coûte plus au départ et ne facture pas le volume. Chez OTTOPILOTE, le code source est transféré au client à la livraison, une fois le projet réglé, avec les accès et la documentation. L’estimateur du prix d’un SaaS sur mesure donne un ordre de grandeur par périmètre.
⚠️ Les pièges les plus fréquents
Cinq pièges reviennent dans les projets de marketplace, et aucun ne tient au code : ils viennent des textes, du paiement et de ce qui précède le logiciel.
Cinq pièges, et leur parade
Recevoir l'argent des acheteurs sur son compte pour le reverser ensuite est un service de paiement sans agrément : trois ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
Parade Un prestataire agréé dès la première transaction.
Une plateforme B2B qui s'impose la traçabilité du DSA travaille pour rien ; une plateforme ouverte aux particuliers sans l'avoir prévu s'expose jusqu'à 375 000 € d'amende.
Parade Décider qui achète, et l'écrire dans les conditions.
Des références en PDF, des prix dans des tableurs différents, des photos absentes. La plateforme est prête, le catalogue non, et les vendeurs ne le saisiront pas.
Parade Le format des données fixé au cadrage, un échantillon chargé en recette.
Une commission qui absorbe la marge d'un vendeur le fait partir ou contourner la plateforme, et les frais du prestataire de paiement s'y ajoutent à chaque transaction.
Parade Tester la commission avec les premiers vendeurs, avant de la coder.
Identité, résidence fiscale et revenus de chaque vendeur sont à déclarer avant le 31 janvier. Non collectés à l'inscription, ils se réclament en urgence, sous peine d'une amende jusqu'à 50 000 €.
Parade Les données DAC7 dans le formulaire d'inscription des vendeurs.
🎯 En résumé
La décision qui commande toutes les autres n'est pas technique : c'est de savoir qui achètera, des consommateurs ou des entreprises. Elle fixe les textes applicables, les fonctions à prévoir et le montage de paiement à négocier, et elle se prend avant le premier devis.
L'ordre des démarches suit : éprouver la demande sans logiciel, écrire les règles du jeu, faire qualifier le montage par l'établissement qui tiendra les fonds, puis choisir l'outil — jamais l'inverse.
Une marketplace réussie n’est pas celle qui a le plus de fonctions : c’est celle dont les règles ont été écrites avant le logiciel, et dont le paiement était en règle dès la première commande.
📚 Sources
- Code monétaire et financier, article L. 314-1 (Légifrance) : définition des services de paiement et exclusions
- Code monétaire et financier, article L. 521-3 (Légifrance) : exemption d’agrément et déclaration à l’ACPR
- Code monétaire et financier, article L. 572-5 (Légifrance) : sanction de l’exercice illégal
- ACPR, « J’encaisse des fonds et les reverse à une tierce personne ? » : qualification de l’encaissement pour compte de tiers, agents, exception de l’agent commercial
- ACPR, position 2022-P-01 sur le réseau limité et l’éventail limité : application de l’exemption aux places de marché
- Code de la consommation, article L111-7 (Légifrance) : information due au consommateur par un fournisseur de place de marché
- Règlement (UE) 2022/2065, Digital Services Act (EUR-Lex) : articles 11 à 16, 19, 29, 30 et 52
- Règlement (UE) 2019/1150, relations plateformes-entreprises (EUR-Lex) : champ d’application et obligations
- Code de commerce, article L441-10 (Légifrance) : délais de paiement entre professionnels
- Code général des impôts, article 283 bis (Légifrance) : solidarité de la plateforme pour la TVA
- Code général des impôts, article 1649 ter C (Légifrance) : vendeurs exclus de la déclaration DAC7
- BOFiP, BOI-INT-AEA-30-10 : déclaration des opérateurs de plateforme (DAC7)
- Loi n° 2022-1157, article 26 (Légifrance) : calendrier de la facturation électronique
- impots.gouv.fr, « À partir de quand suis-je concerné par la réforme de la facturation électronique ? » : calendrier par taille d’entreprise
- BOFiP, BOI-TVA-DECLA-30-20-10-30 : mandat de facturation
- Eurostat, E-commerce statistics : ventes des entreprises via places de marché (jeux isoc_ec_eseln2 et isoc_ec_evaln2)
- Stripe, tarifs Connect et Lemonway, tarifs : frais des prestataires de paiement pour marketplaces, relevés le 16 septembre 2026
- Code général des impôts, article 244 quater B (Légifrance) et Bpifrance, Bourse French Tech : crédit d’impôt innovation et subvention
Questions fréquentes
Personne ne peut annoncer un montant unique, et les fourchettes qui circulent viennent des éditeurs qui vendent le logiciel. Construisez le budget poste par poste : l'outil, les frais prélevés par le prestataire de paiement sur chaque transaction, les documents contractuels, et celui qu'aucune grille publiée n'inclut, le temps passé à recruter les vendeurs et à répondre aux acheteurs. Cette dernière ligne existe même quand le logiciel est gratuit.
Une marketplace démarre avec deux faces à convaincre, vendeurs et acheteurs, alors qu'un site marchand n'en a qu'une. L'opérateur porte des obligations qu'un commerçant n'a pas : recours obligatoire à un prestataire de paiement agréé s'il encaisse pour les vendeurs, déclaration DAC7 des vendeurs chaque année avant le 31 janvier, solidarité possible pour la TVA d'un vendeur défaillant. Il dépend enfin de son éditeur de logiciel ou de son prestataire de paiement, dont les conditions de sortie se négocient avant de signer.
Le logiciel peut être gratuit, pas le projet. Des extensions multi-vendeur pour WooCommerce comme Dokan Lite ou WC Vendors existent en version gratuite, et des socles open source comme Medusa ou Saleor sont sous licence libre. Restent payants le prestataire de paiement, qui prélève un pourcentage de chaque transaction, l'hébergement, les documents contractuels et le temps passé à recruter les premiers vendeurs.
Rarement en propre : l'agrément est la voie des grands acteurs, pas celle d'un lancement. Ce qui détermine votre situation, rappelle l'ACPR, est votre capacité à contrôler les fonds, et le contrat signé permet de la qualifier. Trois montages existent : l'agrément, le statut d'agent enregistré auprès de l'ACPR, ou un prestataire spécialisé dans les places de marché. Une exemption vise les réseaux et les catalogues limités ; passé un million d'euros de flux sur douze mois, elle se déclare.
Aucune source indépendante ne mesure le délai de création d'une marketplace. Les éditeurs de logiciels en abonnement annoncent une mise en ligne en un jour à quelques semaines, et opposent six à douze mois au développement sur mesure, sans méthode publiée. Le délai réel dépend surtout de ce qui précède le logiciel : validation de la demande, contrat avec le prestataire de paiement, recrutement des premiers vendeurs.
En B2C, les acheteurs sont des consommateurs et l'opérateur relève du Code de la consommation, de la traçabilité des vendeurs du DSA et du règlement P2B. En B2B pur, ces textes ne s'appliquent pas, mais le Code de commerce prend le relais : facture obligatoire, conditions générales de vente à communiquer, délais de paiement de 30 jours par défaut et 60 jours au maximum, et facturation électronique obligatoire entre entreprises établies en France.
Commencez par lister ce que votre marketplace devra faire autrement que les autres. Si tout tient dans un paramétrage, l'abonnement suffit et vous met en ligne sans développement. S'il faut des comptes à plusieurs valideurs, des prix négociés par client ou un branchement sur votre gestion commerciale — le cas courant entre entreprises —, le sur mesure devient la voie réaliste. Dans les deux cas, regardez ce que vous récupérez le jour où vous partez.
Sur un site e-commerce, l'entreprise vend ses propres produits et encaisse pour elle-même. Sur une marketplace, des vendeurs tiers vendent, et l'opérateur met en relation, sécurise la transaction et se rémunère par une commission ou un abonnement. C'est l'encaissement pour le compte des vendeurs qui change le cadre : il devient un service de paiement réglementé, là où un commerçant encaisse librement ses propres ventes.
Un projet en tête ? Parlons-en.
Un brief, une lecture honnête et un devis gratuit sous 24 h. On vous aide à choisir — ou à construire — le bon outil.