Créer un agent IA pour son entreprise : ce qu'on a mis en production
Votre agent IA est-il prêt à passer en production ?
Répondez à 4 questions rapides
La plupart des tutoriels sur comment créer un agent IA expliquent l'assemblage — le modèle, les outils, la plateforme. Ils ne disent jamais ce qu'il faut verrouiller avant qu'il agisse, ni ce qui casse une fois en service. Nous avons deux agents en production depuis septembre et octobre 2026.
🧭 Réponse courte : d’abord ce que l’agent ne fera pas
Créer un agent, c'est d'abord écrire son périmètre : ce qu'il fait seul, ce qu'il propose à une personne, ce qu'on ne lui donne jamais. Ensuite seulement viennent le modèle, les outils, la plateforme. Un agent IA n'est pas un chatbot qui répond : il agit, enchaîne des étapes et appelle des outils. La frontière avec un workflow ou un agent tient précisément à ce qu'il décide seul.
Deux cas réels : Hermes, notre agent joignable 24 h/24 sur Telegram depuis le 10/10/2026, et l'assistant de proposition commerciale intégré dans notre ERP depuis le 05/09/2026.
🔐 Seul, avec une personne, jamais : le pouvoir avant l’outil
Le risque le plus documenté d'un agent mal configuré n'est pas technique : c'est l'excès d'autonomie. L'OWASP LLM06:2025 « Excessive Agency » l'identifie comme l'une des principales failles des agents : excès de fonctionnalités, de permissions, d'autonomie. Les parades : outils minimaux, lecture seule par défaut, approbation humaine des actions à fort impact, autorisation appliquée dans le code autour du modèle — pas dans la consigne.
Anthropic le formule ainsi dans « Building effective agents » (19/12/2024) : commencer par la solution la plus simple ; un agent échange de la latence et du coût contre de meilleures performances. Exemple : un agent qui résume des e-mails sans pouvoir en envoyer.
Un modèle peut ignorer une instruction. Un outil qu'il n'a pas ne peut pas être utilisé. La contrainte fiable est structurelle, pas textuelle.
🤖 Notre agent Hermes, joignable sur Telegram depuis le 10 octobre
Depuis le 10/10/2026, notre agent (Hermes Agent, logiciel libre de Nous Research) tourne 24 h/24 sur notre serveur et se pilote par messages Telegram. Il est isolé : 2 Go de mémoire, 1 cœur, aucun port ouvert, aucun dossier de production monté ; notre base de connaissances lui est ouverte en lecture seule. Un second agent, indépendant, tourne sur le Mac.
Ce qu'il fait pour nous : lire nos données SEO dans notre ERP, préparer des analyses et des dossiers, répondre depuis le téléphone. Ce qu'il ne peut pas faire est aussi important : rien de la production n'est monté chez lui. Il se branche sur nos logiciels via le protocole MCP — le détail des droits fera l'objet d'un article à part.
2 Go de mémoire, 1 cœur, aucun dossier de production monté. L'isolation n'est pas une configuration réseau : c'est la liste de ce qui n'est pas branché.
🧾 Dans un logiciel métier : l’IA propose, une personne coche
Assistant IA de proposition commerciale (05/09/2026) : il propose, l'humain coche, rien n'est écrit en base ; un prix, une quantité ou une remise ne sont même pas exprimables par le modèle (type fermé). Revue par 5 relecteurs IA, 3 sceptiques par constat : 17 constats confirmés, 6 réfutés. Livré d'abord inutilisable : la route n'avait pas de limite de durée et Vercel coupait avant la fin.
Le type fermé n'est pas une consigne qu'il pourrait enfreindre, c'est une chose qu'il ne peut pas formuler. Un relecteur IA se trompe aussi — une personne tranche. Voir notre test d'une IA qui décide, et comment l'IA s'intègre dans un logiciel métier.
Un type fermé retire la possibilité de formuler une valeur incorrecte. Ce n'est pas une règle qu'on lui répète : c'est une contrainte structurelle dans le code.
⚠️ Ce qui a cassé pendant l’installation
Ce qui a cassé à l'installation (10-12/10/2026) : un second conteneur, lancé pour choisir le modèle, a démarré sa propre passerelle et s'est disputé le bot Telegram pendant 27 h ; le modèle gratuit retenu a disparu le 10/10 ; la mémoire de l'agent tient en environ 1 375 caractères, d'où une connaissance rangée dans une base qu'il lit plutôt que dans sa mémoire ; sans session interactive, il refuse d'écrire des fichiers.
Côté logiciel métier : l'assistant de proposition a été livré inutilisable faute de limite de durée — passé sa durée maximale, une fonction Vercel est interrompue. Tester sur une vraie demande l'aurait révélé dès le premier essai.
Une démo passe parce qu'elle ne charge pas. Une vraie demande révèle le timeout, le conflit de canal, le modèle manquant dès le premier essai.
🧩 Gratuit, plateforme ou sur mesure
Pour prototyper : une plateforme no-code suffit, et c'est souvent gratuit. Dès que l'agent lit ou écrit dans vos outils (devis, CRM, factures), les droits, la validation, le journal et la reprise relèvent du code qui entoure le modèle. Voir no-code ou sur mesure pour choisir l'approche, et n8n Cloud ou auto-hébergé pour un agent sur n8n.
Un prototype no-code ne prend pas de décisions à fort impact, c'est pour ça qu'il coûte peu. Dès qu'il agit sur vos données réelles, les droits et la validation ont un prix.
💶 Ce qu’un agent coûte chaque mois
Trois postes reviennent chaque mois : les appels au modèle (à l'usage), l'hébergement, le temps de relecture humaine. Le troisième est souvent celui qu'on sous-estime : un agent qui propose juste, c'est aussi une personne qui valide, trie et corrige.
Ce qu'on publie : devis gratuit et plafonné, réponse humaine sous 24 h ouvrées ; cession des droits écrite au contrat, code source, accès et documentation remis à la livraison, une fois le projet réglé.
Modèle + hébergement + relecture humaine : les trois postes sont récurrents. Le coût de construction est ponctuel ; le coût d'opération, lui, ne s'arrête pas.
🎯 En résumé
Si vous souhaitez faire créer votre agent IA en entreprise avec ces garde-fous dès la construction, on cadre le projet avec vous, gratuitement et sans engagement.
Questions fréquentes
Une plateforme no-code (n8n, Botpress, Voiceflow) permet de prototyper un agent sans développement. Pour qu'il lise ou écrive dans vos outils métier, il faut du code pour gérer les droits, les validations et les journaux d'action.
Un agent IA est un programme qui perçoit un contexte, décide d'une séquence d'actions et les exécute avec les outils qui lui sont donnés, sans attendre d'instruction humaine à chaque étape. Ce qu'il ne peut pas faire est aussi important que ce qu'il fait.
Un chatbot répond à une question. Un agent agit : il peut appeler une API, lire une base de données, rédiger un document et enchaîner plusieurs étapes. La distinction n'est pas dans le modèle de langage utilisé, mais dans les outils et les droits qui lui sont accordés.
Il se paie au mois sur trois lignes : la consommation du modèle, facturée à l’usage ; le serveur ou la plateforme qui l’héberge ; le temps qu’une personne passe à valider ce qu’il propose. Le total dépend du volume de demandes et du modèle retenu : il n’existe pas de prix universel.
Cinq verrous : écrire son périmètre (seul / avec accord / jamais), lui donner les droits minimaux, exiger un accord humain avant toute action à fort impact, l'isoler de la production, et tracer chaque action.




